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Citation du mois


I design my buildings from inside out and from outside in and then once more from inside out, until everything is just right.

Peter Zumthor Aux Word Interiors Day, le 17 mai 2019 à Zurich

Périscope#003

Illustration Clémence Prudhomme (1)

Editorial :

Dedans/Dehors : à l’intérieur de l’extérieur, à l’extérieur de l’intérieur… et vice et versa

Après la Propriété en 2017, après le Sacré en 2018, c’est L’Extérieur qui a fait les belles heures du Chaudron#03 des 12 et 13 septembre derniers à l’école Camondo. S’y sont réunis chercheurs, architectes, designers, plasticiens, musiciens, historiens et autres créatifs ou penseurs pensifs, pour débattre de questions philosophiques, scientifiques, de représentations et de perceptions du monde.
On pourrait se demander pourquoi l’école Camondo s’enferme dehors en septembre, alors même qu’elle s’ouvrait, un mois plus tard, les 11 et 12 octobre 2019, sur son cœur de métier, en réunissant chercheurs, architectes, designers ou historiens, autour de la notion d’intérieurs aujourd’hui, à l’occasion d’un colloque international organisé en partenariat avec l’ensap Versailles, le Politecnico de Milan, l’Archivo del moderno, l’ENS Paris Saclay et l’ESNCI-Les Ateliers.

Assumant un retournement sémantique, une sorte d’harmonieuse inversion discordante, l’Ecole se place aux deux extrêmes d’un champ et de son contrechamp comme pour mieux cerner ce qui fait sa nature, non pas au centre d’un territoire défini par des frontières et des limites, mais en convergence avec d’autres disciplines : une appartenance à un monde habité et à une réalité complexe, drôle de phénomène qui produit pourtant et toujours de l’exclusivité, ou bien encore, à l’inverse, de l’appartenance.

On en connaît qui effectuent une révolution (1), voire, s’installent au centre du cercle, dans une contestation revendicative contre un extérieur perçu et vécu comme un intérieur auquel on n’appartient pas – le rond et le point incarnant parfaitement les renversements symboliques de cette géométrie de l’appartenance dans laquelle s’inscrit une actualité qui dure -. L’intérieur et l’extérieur sont bien souvent abordés comme des objets distanciés ou fantasmés, se définissant l’un par rapport à l’autre, car, après tout, une porte doit être ouverte ou fermée, et l’on se trouve toujours d’un côté ou de l’autre, ne serait-ce que pour balayer devant. Une définition matérielle qui s’attache à la ligne et à la paroi -de séparation et de partage- là où l’on devrait plutôt s’intéresser à l’aire, au milieu ou à l’ensemble dont les parties forment le tout et interagissent indissociablement… Comme le disait Augustin Berque : une médiance.

Dedans ou dehors sont voulus ou subis, rejetés ou désirés. Dans un monde exclusif ou inclusif, (a matter of perception diraient les anglais), nous sommes hélas toujours à l’intérieur ou à l’extérieur de quelque chose : du monde riche et en pleine croissance ou des zones dont le climat sera, selon le GIEC, bientôt létal.

S’il est possible que nos amis anglais vivent à l’extérieur de l’Europe, est-il possible d’ÊTRE et d’HABITER en dehors du monde ?

Doit-on en conclure, cette fois, que l’EXTÉRIEUR n’existe pas ?

(1) Illustration Clémence Prudhomme, diplôme 2019, sujet libre « Halle habitée », direction de diplôme Marie-Cristine Dorner

 

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L’architecture intérieure ça n’existe pas 028

Un ouvrage vient de débarquer à la bibliothèque de l’école Camondo : Rena Dumas: Une architecture intérieure.

Fondatrice de l’agence RDAI en 1972, Rena Dumas a réalisé des centaines de projets partout dans le monde, en architecture intérieure, en mobilier et design d’objets.

L’école Camondo et Rena Dumas ont une histoire commune, lorsque qu’avec Roger Fatus, alors enseignant à Camondo, éminent praticien, et bientôt directeur de l’Ecole – de 1982 à 1989 – , ainsi qu’avec quelques autres architectes d’intérieur, militent activement pour la reconnaissance du métier en cofondant l’Office profesionnel de qualification des architectes d’intérieur (OPQAI) en juillet 1981.

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Contribution pour une histoire de l’école Camondo 025

Gerald Ménager nous a confié une partie de ses archives,

singulièrement son projet d’étudiant, en 1968 – Gerald Ménager est diplômé en 1970 -, conçu lorsqu’il était en troisième année du cursus.

Le sujet – un espace cuisine innovant – était proposé par un nouvel enseignant, Marcel Gascoin, qui, recruté par Henri Malvaux pour la rentrée de l’année scolaire 1967-1968 (il enseignera à Camondo jusqu’en 1979), inaugure ses cours d’architecture intérieure création de modèles.

Le projet de Gerald Ménager, un cube-cuisine, compact, léger, mobile et modulaire, est assez typique de ce qui se produisait et se diffusait dans la presse spécialisée en design à l’époque, sans que ce genre de produit soit réellement accessible au public consommateur.

Il fait écho aux préoccupations de l’enseignant, Marcel Gascoin, pour lequel le sur-mesure, l’économie de matériaux et le gain de place étaient des critères qualitatifs essentiels, au moins depuis la période de la reconstruction, mais aussi aux blocs à vivre façon Joe Colombo, au faîte de sa notoriété à l’époque.

Gerald Ménager sera recruté, dès 1970, son diplôme en poche, par l’agence M2P Paris, fondée par Pierre Paulin, diplômé de l’école Camondo Centre d’art et de techniques en 1950, Dominique Maillard et Michel de Podestad.

Les six planches du projet de Gerald Ménager :

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On n’arrête pas l’intelligence artificielle

Pour ceux qui n’auraient pas encore compris, au Centre de documentation Camondo, nous exerçons une veille sur l’actualité de la production et de la recherche en architecture intérieure.

Nos outils de veille génèrent parfois du bruit, tout cela est une mise au point permanente, les machines ne font pas tout de manière automatique, on a du boulot pour encore quelques temps.

L’un de ces bruits est symptomatique à la fois de l’époque et du domaine arts appliqués : remontent fréquemment dans nos agrégateurs et autres mouchards numériques l’acronyme « AI », qui généralement ne se développe pas en « Architecture intérieure », mais plutôt, et une fois traduit en français, en « Intelligence artificielle ».

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Salut à des collègues djiboutiens

Une bibliothèque, des arts martiaux, des lampes solaires, tout ça à As Eyla, Djibouti.

La création d’une bibliothèque publique n’est déjà pas rien, où qu’on se trouve dans le monde.

Celle-là est en pleine brousse, sur le territoire de Djibouti, et c’est la première du genre.

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ça vous fera du bien de lire un petit peu #05

Nouveau !

 

Au catalogue de la bibliothèque de l’école Camondo : Requiem pour le design.

En violet pour confirmer le deuil, ce faire-part est signé Thierry de Beaumont et Jean-Baptiste Auvray, tous deux enseignants à l’école Camondo, entre autres qualités.

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L’architecture intérieure ça n’existe pas 027

On a failli s’énerver en lisant ce titre de la revue en ligne Chroniques d’architecture : « Au 32.Guersant, le lot décoration de l’Atelier Canal ».

CANAL

Lorsqu’on s’intéresse à l’architecture intérieure, on est parfois allergique au mot décoration, même si, bon d’accord, les architectes d’intérieur français sont bien les héritiers des décorateurs et autres ensembliers.

Mais associer l’Atelier Canal, qu’on aime bien – Patrick Rubin, ancien enseignant de l’école Camondo, inventeur du concept de réversibilité en architecture – et la notion de « lot décoration », ça fait mal, en pleine rentrée scolaire.

Mais il fallait lire la suite, qui décrit un travail de co-conception entre les agences LBB Architecture et l’Atelier Canal architecture.

Le texte de l’article précise même que « la caricature de l’architecte et du décorateur, produisant deux projets antinomiques, [est] dépassée. »

Ouf.

Et de poursuivre : « (…) Le parti-pris consistant à ne pas assujettir les aménagements intérieurs à l’enveloppe architecturale d’un espace donné, par exemple un immeuble de bureaux, est une technique éprouvée qui a existé de tout temps. La perte de nombreux savoir-faire, la recomposition des allotissements de travaux, les usages devenus habitudes ont progressivement gommé l’excellence et l’indépendance de ce qui était communément nommé «lot décoration» conduit par un décorateur-ensemblier. »

Mais oui ! On parle bien de la même chose, notre énervement de rentrée était donc dû à une lecture au premier degré d’un titre convoquant l’impertinence.

Nous qui nous permettons la même chose avec le titre de cette série, ça nous apprendra.

D’autant que l’article propose une mise en perspective historique qui consiste à rappeler que : « (…) bien que le design soit indissociable de l’architecture et au service des usagers, la course aux délais et les nouveaux enjeux économiques ont fini par appauvrir puis formater cette spécificité de l’architecture intérieure. »

Pour Chroniques d’architecture, cette reconversion-réhabilitation du 32.Guersant est une réussite, notamment parce-que la conception des espaces intérieurs comme structurels a pu s’organiser simultanément, par deux agences, l’une avec l’autre en cohérence, dans sa spécialité.

Allez sur le site Chroniques d’architecture, ça vous fera du bien de lire un petit peu.

Exposition Frédérique Hervet

Une exposition pour clôturer 2 mois de résidence artistique à quatre mains

Frédérique Hervet et Florence Vasseur

FREDERIQUEHERVET

Vernissage vendredi 13 septembre 2019 à 19H00

Orangerie-Espace Tourlière

66 rue Estienne d’Orves
Verrière-le-Buisson

du 13 septembre au 13 octobre 2019
Entrée libre du Mercredi au vendredi de 15h à 18h , samedis et dimanches de 15h à 19h

Venez nombreux, ça vous fera du bien de sortir un petit peu.

ça vous fera du bien de lire un petit peu#04

Nombreuses nouveautés à la bibliothèque de l’Ecole, dont la dernière production de Claude Courtecuisse, qui dirige avec Eric Vandecasteele Art design, d’un territoire l’autre.

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L’image de couverture, intitulée Marcel assiégé, est signée Claude Courtecuisse, où la confusion entre art et design connaît son paroxysme avec le ready-made de Duchamps devenu banc public. L’humour de Courtecuisse, toujours réjouissant, est là au service du propos de l’ouvrage, qui analyse les liens, confusions et convergences entre art et design.

Contribution pour une histoire de l’école Camondo 024

Roger Fatus, directeur de l’école Camondo de 1982 à 1989, est architecte d’intérieur designer, et travaille plus que jamais :

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