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L’architecture intérieure ça n’existe pas 010

Citation du mois


(…) Il est du principe de l’œuvre d’art d’avoir toujours été reproductible.

Walter Benjamin

dans L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique

Autres définitions du design et de l'architecture sur la page Citations

Il semble qu’il y ait un vide historiographique concernant Jul de Roover, architecte et enseignant belge (1913-2010), qui fut l’initiateur d’un enseignement de l’architecture intérieure en Belgique, et le militant déterminant pour une reconnaissance du métier d’architecte d’intérieur dans ce pays.

Dans son article intitulé L’histoire de l’architecture d’intérieur diffusé en ligne sur le site de l’udb (Union des designers belges, site http://www.udb.org en reconstruction ces jours-ci) consacré à l’évolution de l’Architecture d’intérieur et sa pédagogie à l’école d’architecture d’Anvers, Dirk Laporte relate l’action de l’ancien professeur Jul de Roover dans les années 1970 pour remplacer Design d’intérieur, vocable qui avait cours depuis les années 1960, par la dénomination Architecture d’intérieur pour signifier mieux et plus précisément l’enseignement qu’il prodiguait.

Et Jul de Roover obtint gain de cause !

Les instances dirigeantes, avec l’appui de Beaudouin (nous sommes en Belgique), acceptèrent de reconnaître l’enseignement et le titre d’architecte d’intérieur, au grand dam des architectes belges qui comme les français tenaient à leur monopole.

Il faut dire qu’à l’époque, en Belgique comme en France, l’utilisation du mot design n’apportait aucun gage de qualité, au contraire du mot architecture.

Jul de Roover, rappelle Dirk Laporte, avait été approché par le critique d’art Roger Avermaete pour enseigner l’art d’intérieur en cours du soir à l’Ecole des arts artisanaux d’Anvers pendant l’occupation allemande, et pour soustraire les étudiants belges aux réquisitions de l’occupant.

La naissance de l’enseignement de l’architecture intérieure comme acte de résistance !

De Roover continua sur sa lancée après la libération en oeuvrant pour que son cours d’Art intérieur obtienne la dénomination Architecture d’intérieur, ce qu’il obtint de haute lutte avec une première classe de 17 élèves en architecture intérieure l’année scolaire 1946-1947, puis perdit, puis regagna au détriment du mot Design comme on l’a vu à la fin de sa carrière d’enseignant dans les années 1970.

L’action de de Roover semble aujourd’hui bien loin, où les ministères de l’éducation belges et français privilégient désormais le vocable d’un enseignement du design d’espace.

L’architecture d’intérieure, ça a eu existé, une fois.

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