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Contribution pour une histoire de l’école Camondo 013

Citation du mois


(…) Il est du principe de l’œuvre d’art d’avoir toujours été reproductible.

Walter Benjamin

dans L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique

Autres définitions du design et de l'architecture sur la page Citations

La préhistoire de la communication visuelle de l’école Camondo commence par un sigle réunissant, dans un style Art Déco, les 3 lettres CAT du Centre d’art et de techniques :

1946LOGOCAT

ARNOULTDIPLOME.jpg

1946

Diplôme de Michel Arnoult

La mention « école Camondo » dans les documents officiels de l’établissement, lettres à entête, diplômes, plaquettes d’information etc, n’apparaît qu’en 1969, tandis qu’elle était connue depuis longtemps en tant qu’école Camondo, sans doute très vite après son installation au Musée Nissim de Camondo en 1945.

Cependant, le nom et l’identité visuelle de l’Ecole, jusqu’en 1968, reste Centre d’art et de techniques :

1946cat

1948-1968

En surtitre l’appartenance de l’Ecole à l’Union centrale des Arts Décoratifs est affirmée, et en sous-titre, le projet pédagogique semble resté figé au projet des origines : école de perfectionnement d’art décoratif.

Il était temps, en 1969, non seulement d’enfin mentionner le nom d’usage école Camondo, mais aussi d’entériner l’évolution du statut des décorateurs devenus architectes d’intérieur ou designers.

Fin de la préhistoire, commence alors seulement l’histoire de la communication visuelle de l’école Camondo en tant que telle :

1982CAM

1969-1986

Cette identité visuelle perdurera jusqu’au projet de déménagement de la rue de Monceau au boulevard Raspail, qui verra disparaître les notions de modèles et de cadre de vie, tandis que le design est précisé par la mention de produits d’environnement.

Le projet Raspail donne lieu à une réorientation de la communication visuelle d’un radicalisme à la hauteur du changement espéré. Il s’agit de fondre dans un projet pédagogique commun l’école Camondo, l’école de la rue Beethoven et l’école spéciale d’architecture.

Avant le déménagement, le doute n’est pas permis, le projet verra le jour, il faut donc communiquer en conséquence. La plaquette d’information de 1987, à destination des futurs étudiants, des centres d’orientation de l’éducation nationale et autres institutions, adopte une esthétique qu’on identifie aujourd’hui comme typique des années 1980 :

1989-1 1989-4 1989-3 1989-2

1987

L’école Camondo est alors toujours sous-titrée Centre privé d’art et de techniques, il faudra attendre 1988 pour voir disparaître le CAT des débuts.

La communication des 3 écoles évolue à nouveau pour l’édition d’un document commun 1 an avant le déménagement:

logo3ecoles

Logo pour les 3 écoles, l’ESA est représentée par le triangle jaune, l’ICV par le gribouillis vert, et l’école Camondo se reconnaît à son bleu poteau du boulevard Raspail. Le document décline les 3 écoles, et Camondo adopte, mais ce sera éphémère, le rond bleu:

camondo1988

1988

Dès 1989, la communication visuelle est reprise en main, en ce sens qu’elle opère un abandon de l’idée de logotype, et adopte une esthétique minimale dans les blancs, gris et noirs anthracites, chers au nouveau directeur d’alors, Philippe Boisselier :

1993-11989

En 1992, le déménagement a eu lieu depuis trois ans, les écoles ont repris leur autonomie, et l’ESCV a déjà disparu, peut-être pour avoir été la seule des 3 à avoir joué le jeu de la fusion, plus sûrement pour des raisons financières.

C’est à cette époque que le Centre d’art et de techniques disparaît définitivement, et que la tutelle de l’Union centrale des Arts Décoratifs se fait plus discrète par une relégation en 4e de couverture des documents spécifiques à Camondo. Perdure cependant le sigle de l’UCAD, présent en haut à gauche sur chaque page de la plaquette promotionnelle:

1993-2

L’Ecole se passe désormais de sigle ou de logo, comptant sur son nom pour être clairement identifiée, dans un retour à l’avant utopie de la fusion des 3 écoles du site Raspail, mais connaît des difficultés à trancher entre diverses typographies. A chaque support son esthétique, ce syndrome perdurera – on le verra dans un prochain article poursuivant l’histoire de la communication visuelle de l’école Camondo -, et donc son identité, toujours en construction, à l’image du statut des architectes d’intérieur.

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