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L’architecture intérieure ça n’existe pas 022

Citation du mois


Seul ce qui est sacré vaut la peine d'être profané.

Oscar Wilde dans Le portrait de Dorian Gray (1891)

En Côte-d’Ivoire non plus.

Dans un discours à la presse, retranscrit par le média en ligne news.@bidj@n.net, le 24 octobre 2018, Abdoulaye Dieng, président du Conseil national de l’ordre des architectes (CNOA) de Côte-d’Ivoire, déclare sa détermination à voir cesser rapidement « l’exercice illégal de la profession ».

On verra ce qu’il entend par là, mais on apprend, nous l’ignorions, l’existence de ce Conseil de l’ordre, créé par une loi sur l’architecture en 1970, et réplique, semble-t-il, de l’Ordre français des architectes.

Son discours commence par l’affirmation selon laquelle il serait (…) temps de remettre de l’ordre dans la pratique du métier d’architecte.

Et de dénoncer, sans doute à juste titre, les cabinets illégaux, l’exercice illégal de la profession et l’usurpation de titre et autres dysfonctionnements, et de rappeler qu’il n’existe qu’une seule école d’architecture agréée par l’Etat ivoirien, l’Ecole d’architecture d’Abidjan (EEA).

Mais ce qui a retenu notre attention, c’est l’alinéa numéro 5, sur les 7 que compte ce discours, consacré au cas des architectes intérieur :

 

Il y est affirmé pour commencer :

L’architecture d’intérieur fait partie intégrante de l’Architecture mais les architectes d’intérieur ne sont pas des architectes et cela doit être clair ; ils sont architectes d’intérieur ou designers et se doivent d’être fiers de cela. Ce sont des collaborateurs des architectes et ceux-ci leur confient des missions pour résoudre les volets liés aux espaces intérieurs et à la décoration. Ils ne peuvent ni construire des bâtiments ni intervenir sur l’enveloppe des bâtiments, cela n’étant pas dans leur domaine de compétence.

 

Le discours a le mérite d’être clair, le type fait son boulot, il défend une profession réglementée, la sienne.

Il dénonce ensuite le Conseil national des architectes d’intérieur de Côte d’Ivoire (CNAICI), arguant qu’une confusion serait induite volontairement pour tromper les usagers, et qu’employer le terme de Conseil national est illégal au regard de la loi de 1970.

On se demande tout de même si le problème ne vient pas plutôt du mot « architecture » que de la dénomination « Conseil national » incriminée.

 

Il s’emporte un peu lorsqu’il en conclut que ce serait là (…) un péché d’orgueil qu’il appartient aux architectes d’intérieur d’éradiquer.

On apprend enfin qu’en Côte d’Ivoire, le Ministère de tutelle des architectes d’intérieur est celui de la culture et de la francophonie (celui de la Construction pour l’architecture), mais on comprend surtout que ce qui motive au moins en partie ce discours très offensif est l’action des architectes d’intérieur ivoiriens auprès du pouvoir législatif, de présenter un décret visant à réglementer leur profession.

Et M Dieng d’en conclure, offusqué, que cela n’existe dans aucun pays et ne saurait prospérer en Côte-d’Ivoire.


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